L’AREC Nouvelle-Aquitaine publie l’édition 2026 de ses Repères chiffrés – Flux de matières, prévention et gestion des déchets, offrant un panorama complet de la production, de la prévention et du traitement des déchets en région. Cette publication met en lumière des évolutions contrastées : hausse globale des déchets produits, progression du recyclage, mais aussi difficultés persistantes pour atteindre certains objectifs de réduction.
repères chiffrés ORDEC 2026

Une production de déchets toujours en hausse

En 2024, la Nouvelle-Aquitaine a généré plus de 25 millions de tonnes de déchets, soit une progression de 17 % par rapport à 2015.

Cette production se répartit principalement entre :

  • 12,8 millions de tonnes de déchets inertes du BTP ;
  • 8,4 millions de tonnes de déchets d’activités économiques (DAE) ;
  • 3,9 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés (DMA) ;
  • 638 000 tonnes de déchets dangereux.

Les déchets des activités économiques ont augmenté de 9 % depuis 2015, alors que le SRADDET vise une stabilisation de leur production.

Des emplois en progression dans la filière déchets

La gestion des déchets et le recyclage représentent un secteur économique majeur en région.

En 2024, la filière totalise 14 581 équivalents temps plein (ETP), en progression de 15 % depuis 2016.

Plus de la moitié des emplois relèvent du secteur privé, avec :

  • 4 011 emplois dans le recyclage ;
  • 2 433 emplois dans la collecte ;
  • 1 674 emplois dans le traitement et la dépollution.

Cette dynamique témoigne du rôle croissant de l’économie circulaire dans l’économie régionale.

Déchets ménagers : une baisse des ordures résiduelles mais des objectifs encore éloignés

Le service public a pris en charge 3,9 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés, soit 643 kg par habitant. Après deux années de baisse, une légère hausse est observée en 2024 (+0,7 %).

Les déchèteries restent le principal mode de collecte et représentent désormais plus de la moitié des flux ménagers.

Un point positif ressort toutefois : les ordures ménagères et assimilées ont diminué de 16 % depuis 2010, atteignant ainsi l’objectif régional fixé pour 2025.

À l’inverse, les déchets occasionnels issus notamment des déchèteries poursuivent leur progression avec une hausse de 23 % depuis 2010.

Des disparités territoriales très marquées

La production de déchets varie fortement selon les départements et les profils de territoires.

Les ratios de DMA s’échelonnent de :

  • 504 kg/habitant/an en Haute-Vienne ;
  • à 1 058 kg/habitant/an dans les Landes.

Les territoires touristiques présentent les niveaux les plus élevés, certains dépassant 1 400 kg/habitant/an.

Ces écarts s’expliquent notamment par la fréquentation touristique, les niveaux de service, l’accueil des professionnels en déchèterie ou encore les modes de financement locaux.

Tarification incitative et biodéchets : des dispositifs en développement

La tarification incitative continue de progresser.

En 2024 :

  • 24 collectivités ont mis en place une tarification incitative ;
  • 17 % de la population régionale est désormais couverte.

Les territoires concernés affichent des niveaux de production de déchets inférieurs aux autres collectivités, notamment pour les ordures ménagères résiduelles.

Parallèlement, la généralisation du tri à la source des biodéchets avance :

  • entre 35 % et 49 % de la population dispose d’une solution de tri financée ou subventionnée par les collectivités ;
  • plus de 911 000 composteurs individuels sont recensés ;
  • 30 collectivités ont déjà mis en place une collecte spécifique des biodéchets.

Recyclage : des résultats encourageants

En 2024, 74 % des déchets ménagers et assimilés sont orientés vers une filière de valorisation matière, organique ou énergétique.

Parmi eux :

  • 57 % sont orientés vers le recyclage matière ou organique ;
  • 17 % vers la valorisation énergétique.

À l’échelle régionale, 58 % des déchets non dangereux non inertes sont orientés vers une valorisation matière, soit une progression notable depuis 2015.

Biodéchets : un gisement stratégique

L’étude régionale menée par l’AREC estime à 3 millions de tonnes le gisement de biodéchets en Nouvelle-Aquitaine, dont près d’un tiers de déchets alimentaires.

Pour répondre à cet enjeu, la région compte :

  • 54 installations agréées pour traiter les biodéchets alimentaires ;
    • 32 unités de méthanisation ;
    • 15 plateformes de compostage et 1 micro-plateforme agréées ;
    • 6 déconditionneurs.

Le développement de ces filières constitue un levier majeur pour réduire les tonnages résiduels et renforcer l’économie circulaire.

Déchets dangereux : une production en hausse

La production régionale de déchets dangereux atteint 638 milliers de tonnes en 2024, en hausse de 29 % depuis 2015.

Près de 60 % de ces déchets sont valorisés, tandis que 40 % empruntent une filière d’élimination.

La région dispose de 30 installations spécialisées pour leur traitement, dont plusieurs dédiées aux déchets amiantés.

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